Un article sur le projet Loire autopartage sur Forez-Info.com

Ecrit par Fi
Pour fédérer des personnes autour de son projet, l’association Loire-autopartage tiendra une nouvelle réunion d’informations le 15 décembre à 18 h au Café le Remue-Méninges – 59 rue Désiré Claude, à Saint-Etienne. Répandu en Suisse et en Allemagne notamment, en plein boom aux States, l’autopartage, à ne pas confondre avec le covoiturage (utilisation collective d’un véhicule) consiste à mettre en commun une flotte de voitures au bénéfice d’un groupe d’abonnés, qui peuvent les utiliser de manière individuelle.
Le constat à l’origine de l’autopartage, est simple: les villes sont encombrées de véhicules qui, en moyenne, sont inutilisées 95% du temps. C’est ce qu’a rappelé le sénateur Roland Ries au Sénat en septembre dernier.* Il s’agissait donc d’essayer d’optimiser leur utilisation, de favoriser l’usage de la voiture plutôt que la propriété, pour des trajets ou dans des plages horaires non desservis par les transports en commun; pour une fonction que ne satisfait pas l’usage de ces mêmes transports en commun. L’autopartage n’est finalement que la déclinaison structurée d’une pratique commune dans la sphère privée, quand un conducteur emprunte le véhicule d’un parent, ami ou voisin.
Jean-Marc Jennet, graphiste de profession, est le président de l’association. Elle regroupe un public assez varié, de l’étudiant au retraité. « L’autopartage s’adresse à des gens qui, en général, arrivent à se déplacer sans voiture, qui utilisent les transports collectifs et qui n’ont pas l’envie ou les moyens d’acheter et d’entretenir un véhicule. Aux personnes auxquelles il manque une voiture mais pas au point d’en acheter une. L’autoportage n’est pas la solution pour celui qui a besoin d’un véhicule tous les jours pour aller travailler. »
Il nous explique ce que serait l’autopartage à Saint-Etienne. Ce qui existe déjà ailleurs : » Un système très souple de réservation, par ordinateur ou téléphone, d’un véhicule, utilisé ponctuellement par un conducteur abonné, pour une courte durée, d’une heure ou deux, au lieu d’une journée ou plus dans le cas d’une location classique, et qu’il ramène là où il l’a emprunté. L’ouverture se fait avec une carte magnétique. Par exemple, pour aller faire des achats un peu encombrants dans un supermarché; aller voir des amis en fin de soirée à Saint-Chamond… «
A terme, il imagine un service coopératif qui impliquerait les collectivités et des acteurs économiques. Et un premier parc automobile d’une dizaine de voitures à partager. L’équivalent de 80 voitures individuelles.** Sachant que la viabilité économique d’un tel système prendrait certainement quelques années. On n’en est donc pas encore là. L’association ne compte pour l’heure que 25 adhérents et son action consiste essentiellement à promouvoir l’idée. Pour autant, elle n’en est plus à phosphorer. A court terme, elle entend donner plus de visibilité au projet, dans les conseils de quartiers notamment, pour atteindre la centaine de membres. » C’est d’abord aux citoyens d’initier le projet et quand il y aura une vraie volonté collective… », espère Jean-Marc Jennet.
En France, le système est encore confidentiel. Il existe dans une vingtaine de villes, proposés par des structures aux formes juridiques différentes: d’abord des sociétés commerciales, SA, SARL ou SAS pour une douzaine d’entre elles, ensuite des Sociétés coopératives d’Intérêt Collectif et, à Poitiers, un Établissement Public Industriel et Commercial. Ce peut être encore une Société d’Économie Mixte, comme c’est le cas à Lyon (Autolib’) avec Lyon Parc Auto qui exploite aussi les parcs de stationnements et dans laquelle la ville de Lyon est majoritaire. La forme associative, qui peut constituer un point de départ (ce fut le cas à Lyon) ne perdure pas dans une perspective de développement. Un rapport du Centre d’Etudes sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les Constructions publiques (CERTU) publié en 2008, ne mentionnait qu’une seule structure de ce type.
* Le maire de Strasbourg est à l’origine d’un projet de loi tendant à promouvoir l’autopartage, voté à l’unanimité au Sénat en 2006 et restée en instance à l’Assemblée nationale. Un « label autoportage » pourrait bientôt voir le jour au niveau national – il en existe un à Paris où plusieurs services d’autopartage réunissent 6000 abonnés – dont un décret doit clarifier les conditions d’ utilisation.
** source: PREDIT
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