La voiture est un fait de société auquel on peut résister

« Loin de n’être qu’un outil de transport, la voiture est un fait de société et n’est que marginalement un instrument de mobilité. C’est parce qu’on a une voiture, de l’essence et notre très humaine bêtise qu’on se met à rouler pour donner une petite fonction à cet instrument.
La voiture, dans l’histoire de son invention et de sa production, ne garde qu’un petit rapport avec sa fonction de transport. En fait, la voiture a surtout produit une société de la voiture. Avec une économie, un urbanisme, des problèmes de santé publique … qui n’ont rien à voir avec la mobilité comme seule explication. Et ce, sans même évoquer les questions de hiérarchie de pouvoir, de signes extérieurs de richesse, de puissance et autres pathologies narcissiques.
Tentons alors de comprendre toutes les sphères sociales ou personnelles modifiées ou créées par l’existence de la voiture personnelle et qui ont peu à voir avec le besoin de se déplacer. Essayons de séparer les dimensions fonctionnelles et structurelles de l’objet … et nous verrons qu’il est urgent d’ôter à la voiture personnelle son contenu structurel, puissant, destructeur, pour retrouver une certaine vision du temps, de l’espace et du sens de nos actes. »
D’après Miguel Benasayag « Plus jamais seul » éd.Bayard.





